« Le réel à quoi la psychanalyse a à faire »

Séminaire proposé par Marjolaine Hatzfeld

« Le réel à quoi la psychanalyse a à faire»
(Leçon du 16 Juin 1965 : Problèmes cruciaux pour la psychanalyse.)

Nous avons l’an dernier sillonné les textes freudiens – qui s’échelonnent de L’Esquisse, 1895 , à La Dénégation, 1927 – sur lesquels Lacan prend appui pour construire sa notion de Chose – dont les paradoxes et l’étrangeté font qu’elle garde volontiers son nom d’une autre langue : das Ding.
L’enjeu est dans un déplacement considérable de la notion d’épreuve de réalité, par rapport à ce que Freud entendait sous cette expression.
Cette préoccupation remonte à loin, chez Lacan : on se souvient qu’en 1936 il titrait l’un de ses premiers articles comme analyste Au-delà du « Principe de Réalité » – freudien, bien entendu. A 64 ans, Freud écrit son « Au-delà du Principe de Plaisir ». A 34 ans, Lacan embraie avec son « au-delà » à lui, qui trouvera peut-être son point d’orgue avec le petit texte de 1967 « De la psychanalyse dans ses rapports avec la réalité».
Au point où nous en sommes de ce long frayage, au moment de L’Ethique de la Psychanalyse (1959-60) , Lacan revient sur cette opposition, trop facilement reçue des post-freudiens, du principe de plaisir/ principe de réalité, et annonce à plusieurs reprises : « il y a un secret de ce principe de réalité ». La satisfaction obtenue par les voies du processus secondaire laisse échapper une « satisfaction essentielle », quand bien même toutes les conditions réelles seraient données, laissant suspendue une jouissance inatteignable par les voies du signifiant – identifiées par Lacan au fonctionnement du principe de plaisir. Le secret annoncé, n’est-il pas dans
cette division qui configure une nouvelle topologie du sujet (nouvelle par rapport au graphe du
désir), topologie centrée par cette zone d’impossible,impossible à supporter aussi bien dans le sens de l’extrême du bien que de l’extrême du mal, zone à tenir à distance, face de la Jouissance que Lacan verse ici au compte du réel.
D’où une nouvelle perspective clinique, centrée non plus sur les effets du refoulement , à déchiffrer, mais sur la notion de défense. Clinique, donc, des différents modes de rapport primaires à cette Chose, dont le plus constant est un rapport de mensonge : nous ne pouvons dire vrai , au niveau de cette jouissance-là.
A partir de cette si radicale disjonction du signifiant et de la jouissance, s’ouvrira la grande
analyse de la pulsion (1964), qui tempère l’absolu de cette jouissance en la localisant aux zones
érogènes. La jouissance prend la forme des objets a de la pulsion , qui conservent cette
caractéristique de la Chose de n’être que présence d’un vide autour de quoi tourne le trajet de la
pulsion.

Ce sont ces questions que nous tenterons d’apprivoiser cette année.
* * * * *
Ce séminaire se tiendra les mardis 10 Octobre, 14 Novembre, 19 Décembre 2017, 30 Janvier, 6
Mars, 10 Avril, 22 Mai, 26 Juin 2018,
à 21h.
au Céasil , 4 rue Vigée-Lebrun, 75015.
Participation pour location de la salle : 5 euros.